BULLETIN D'INFORMATION °70

du 7 juillet 2010

Sommaire 

 

Le mot du bureau
Manifestation des gares de la ligne POLT le 19/06/2010 : 500 personnes manifestent le même jour dans 6 gares !
Nouvelle hausse des tarifs : +3,21% au 1er juillet
l'Etat va éponger les pertes des trains déficitaires
CESR : Les résultats des groupes de travail

Le mot du bureau

La contestation : le retour !

 

La contestation ne faiblit pas. Et elle gagne toute la ligne, comme l’a démontré la journée d’action du 19 juin.

Ce samedi a marqué un nouvel avertissement donné par 6 gares de la ligne. On peut regretter que les berrichons aient été les grands absents de cette journée. Aucune gare de l’Indre n’a souhaité s’associer.

Même si celles-ci ont encore quelques arrêts Corail, cette journée se voulait également pour la défense de la ligne POLT comme ligne voyageur. Cela aurait mérité une action, même symbolique. Ce n’est que partie remise, car d’autres journées de ce type sont envisagées si les engagements pris lors des phases de concertation ne sont pas respectés.

Les groupes de travail initiés par les Régions ont fait l’objet d’une réunion le 7 juillet entre les 3 Présidents de Région, et ceux des CESR. Une résolution a été signée pour l’amélioration des dessertes et des arrêts.

Encore du papier … mais rien de concret.

Les usagers sont en droit d’avoir une desserte fonctionnelle, à des tarifs abordables. Cette année, l’augmentation des tarifs est de +3,21% pour notre gare, soit au dessus de la moyenne nationale. Une fois de plus, les gares rurales sont pénalisées.

Une fois de plus, les transports propres voient leurs tarifs augmenter beaucoup plus que l’inflation, prouvant une fois de plus l’hypocrisie du Grenelle de l’Environnement.

Une chose est sûre : en l’absence de concret, le réchauffement pourrait bien être plus que climatique …

 

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Manifestation des gares de la ligne POLT le 19/06/2010 : 500 personnes manifestent le même jour dans 6 gares !

 

Communes représentées : Bazelat, Crozant, Eguzon Chantôme , Lizières, Nouzerolles, St Sébastien.

 

Elus Excusés : F Bonneau Président de la Région Centre, JM Bodin Vice Président de la Région Centre, M Vergnier Député Maire de Guéret, JJ Lozach Président du Conseil Général et Sénateur, V Berbérian Président des Maires Ruraux de France et maire de Gargilesse.

 

100 personnes à St Sébastien !

  Normalement, cette manifestation n'aurait pas du avoir lieu ; Elle traduit de nombreux échecs :

- elle confirme l'échec du Grenelle de l'environnement de 2007 ; c'est pendant ce Grenelle que la Direction SNCF a supprimé nos dessertes Corail, fermé 200 gares fret, et que RFF a fermé la ligne Montluçon Ussel.

- elle confirme l'échec du la Charte du Service Public qui indique qu'il faut " que toute réorganisation se traduise par une amélioration dans la qualité des services rendus aux collectivités ou à la population ". La SNCF a imposé ses dessertes TER sans véritable concertation en 2007 ; elle a poussé le culot jusqu'à proposer une grille avec zéro train le dimanche. Même le Préfet de l'époque a trouvé que c'était un peu fort et a ordonné à la SNCF de mettre au moins un TER.

- Elle confirme l'échec de la concertation menée par l'Etat. A l'initiative du Préfet Ferey, une réunion a eu lieu à Limoges le 20/11/2008. A l'issue de cette réunion, le Préfet a demandé la restitution de 2 arrêts Corail le vendredi et le dimanche ainsi que l'amélioration des correspondances en semaine. Le Directeur SNCF qui était présent à cette réunion ne s'est pas opposé à ces demandes. Le Préfet a confirmé ces demandes par écrit dans 2 courriers. Nous avons été reçus au Ministère des Transports, le 20/10/2009, avec le Député M. Vergnier, le Sénateur et Président du Conseil Général JJ. Lozach, et le Maire de la Commune JC. Carpentier. Le Directeur de Cabinet du Ministre a également confirmé le résultat de cette concertation, et a demandé à son tour à la SNCF de rétablir les arrêts Corail.

Au service du 4 juillet 2010, rien n'est prévu pour St Sébastien. En ce qui concerne les correspondances, elles se sont dégradées de 3 à 11 minutes en décembre 2009.

La Direction SNCF et le nouveau Préfet se retranchent désormais derrière les groupes de travail mis en place en début d'année par les 3 Régions pour l'avenir de la ligne POLT. Empiler les concertations ! Serait-ce la nouvelle stratégie pour gagner du temps, et jouer l'usure pour finalement ne rien mettre ?

Le Président de la SNCF a pourtant déclaré il y a quelques semaines qu'il privilégiait le dialogue au conflit. Mais dans la pratique, il nous prouve que c'est le contraire. Il méprise la concertation mise en place par le Préfet Ferey en 2008.

Il n'est pas concevable dans une démocratie digne de ce nom de voir ainsi bafouer les symboles de la République. C'était avant tout une manifestation de soutien au Préfet et au Ministre, afin de les aider à se faire respecter par une Direction SNCF qui théoriquement est sous leur Tutelle.

Nous étions également là pour défendre également la ligne Paris Orléans Limoges Toulouse, comme ligne ferroviaire d'Aménagement du Territoire. Des projets de TGV sont annoncés. D'un côté le barreau Limoges Poitiers qui, s'il est réalisé, occulte complètement l'axe central. De l'autre côté, le TGV Berry, qui selon les options choisies passera par Bourges ou non, avec quelles connexion pour la Creuse ? Dans un Pays en quasi faillite, ces projets verront-ils le jour, et si oui, à quel horizon ? Rien au minimum avant 2020 ! Le seul axe viable reste donc notre ligne POLT, et c'est dans ce sens qu'il faut la défendre.

Tout comme le 19/01/2008, ce sont 6 gares qui se sont levées pour défendre cette ligne et ses dessertes : St Sébastien, St Sulpice Laurière, Souillac, Gourdon, Cahors, Caussade. Car une ligne ferroviaire n'a d'intérêt que s'il y a des dessertes pour tous, à des prix abordables pour tous.

 Puis les manifestants ont arrêté symboliquement le train dans lequel une délégation de l'association "Tous ensembles pour les gares" était présente. Après les photos, le train est reparti, pour être à nouveau arrêté symboliquement à St Sulpice Laurière où 80 personnes l'attendaient.

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Nouvelle hausse des tarifs : +3,21% au 1er juillet

 

 Comme chaque année, la SNCF augmente les tarifs des Corails et TER au 1er juillet. Après la hausse de 31% entre 2005 et 2007, et la hausse de 3,8% l’année dernière, c’est une hausse de 2,5% en moyenne qui a été annoncée cette année, alors que l’inflation sur un an est de 1,5%.

Pour St Sébastien, la hausse réelle est au dessus de cette moyenne à savoir +3,21%.

Comme l’année dernière, la SNCF a justifié cette augmentation afin de contribuer à “la rénovation des trains afin de poursuivre le développement de l’offre et l’amélioration de la qualité de service”.

Les usagers de la ligne POLT attendent toujours de mesurer ce développement et cette amélioration.

  

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l'Etat va éponger les pertes des trains déficitaires

 

L'Etat doit signer prochainement avec la SNCF un contrat portant sur les liaisons grandes lignes déficitaires --Corail, Téoz, Intercités et trains de nuit Lunéa-- dont il épongera les pertes, au grand dam des concurrents qui voudraient exploiter ces lignes. La SNCF se plaignait depuis longtemps de ces lignes qu'elle devait assumer vaille que vaille, au nom du service public. Même si certaines d'entre elles ont été modernisées avec l'apparition de Téoz en 2003, elles lui font perdre 200 millions d'euros par an, selon ses calculs. Le président de la SNCF Guillaume Pepy les a qualifiées de "cailloux dans la chaussure" empêchant son entreprise de marcher d'un bon pied sur les chemins de l'ouverture du marché ferroviaire. Et pour bien mettre les pouvoirs publics devant leurs responsabilités, il les a renommés "trains d'aménagement du territoire". M. Pepy a finalement eu gain de cause: officiellement rebaptisés "trains d?équilibre du territoire", ces trains que tout le monde appelle encore Corail --même si la marque est en voie de disparition-- feront l'objet d'une convention avec l'Etat. Tout comme les TER font l'objet d'une convention entre la SNCF et les régions.

C'est de façon négative qu'on les définit: il s'agit en gros de toutes les liaisons qui ne sont ni des TGV --la SNCF continuera à les exploiter sans subvention, même si elle perd de l'argent sur de nombreuses destinations--, ni des TER, ni des trains de banlieue d'Ile-de-France. Parmi elles, seules quatre sont rentables, selon la SNCF: Paris-Clermont, Paris-Limoges-Toulouse, Paris-Rouen-Le Havre et Paris-Caen-Cherbourg. "L'idée, c'est de pérenniser ces trains", explique-t-on au ministère de l'Ecologie, précisant qu'"il reste encore de nombreux points à débloquer".

Fort des résultats d'un audit commandé pour l'occasion, le gouvernement va définir le niveau de dessertes qu'il désire, et la SNCF fera circuler ses trains contre une compensation financière. L'entreprise devrait cependant être indirectement mise à contribution via une taxe sur le prix des billets de TGV. Théoriquement sans augmentation de prix.

 

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CESR : Les résultats des groupes de travail

 

 

Les Conseils Régionaux Centre, Limousin et Midi Pyrénées ont mandaté les Conseils Economiques et Sociaux Régionaux (CESR) pour étudier le devenir de la ligne POLT. Notre association avait été auditionnée dans ce cadre le 15 mars.

Les conclusions de cette concertation ont fait l’objet d’une réunion le 7 juillet à Paris, entre les 3 Présidents de Région, et ceux des CESR. Le Président de la SNCF était absent de cette réunion.

Ce sont ces propositions qui feront prioritairement l’objet des discussions qui auront lieu avec la SNCF le plus rapidement possible. Rendez-vous a été demandé à son président, M. Pépy. Ce qui ressort de l’étude confiée aux CESR et approuvé par les 3 présidents de Région relève d’abord de la garantie à obtenir de la SNCF que la desserte de Paris - Toulouse par Limoges sera bien classée comme « grand axe ferroviaire d’intérêt national au futur Schéma National des Infrastructures des Transports ».

Ceci étant, les présidents de Région et de CESR ont réaffirmé la vétusté inacceptable du matériel roulant TEOZ dont ils considèrent qu’il constitue un handicap dans la fréquentation de cette ligne. En l’absence de nouveaux trains, pas encore commandés par la SNCF, ils souhaitent donc que soit reproduite entre Cahors et Paris Austerlitz la démarche initiée entre Brive et Roissy, c’est-à-dire, la mise en service de rames de type TGV.

Ils demanderont donc au président de la SNCF que ce dispositif puisse intervenir dès 2012 pour au moins une desserte quotidienne, qu’elle soit élargie par la suite, et ce sans suppression d’arrêt.

Il s’agit là d’une première démarche visant à améliorer le confort des voyageurs même si avant la réalisation d’une ligne nouvelle à grande vitesse entre Poitiers et Limoges, ceci n’entraînera pas de gain de temps.

En terme de matériel, les présidents souhaitent également la pérennisation et l’amélioration du confort des trains de nuits de type Lunéa qui desservent les sites les plus éloignés. Ils entendent également mettre en discussion l’amélioration des correspondances (Rodez-Brive...) devant axer le service entre Toulouse et Paris et ont décidé d’interpeller le président de RFF et le ministre des Transports sur le montant des péages TGV actuellement au même niveau sur les lignes à grande vitesse et les lignes classiques.

Enfin, ils entendent s’entretenir avec Monsieur Pépy des améliorations éventuelles à apporter au réseau en lui-même et ont rappelé que l’axe Toulouse - Paris par Limoges relève de la compétence intégrale de la SNCF et ne saurait être confondu avec les trains régionaux, ni sur le réseau, ni sur le matériel.

Une autre rencontre est également prévue le 9 juillet entre M Sessego, Directeur de ligne, et des représentants de l’association « Urgence POLT ».

Juste avant la manifestation du 19 juin, le Préfet de la Creuse nous a courageusement indiqué dans un courrier, que « M Sessego, Directeur de l’axe Corail est mandaté pour rendre les conclusions de ces travaux, et la SNCF lui a rappelé que votre demande soit examinée notamment au travers du groupe de travail Dessertes. ».

L’ensemble des associations de la ligne a convenu de rester vigilant au regard des propositions faites, et de réagir sur toute la ligne si celles-ci ne vont pas dans le sens souhaité

 

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Bulletin n°69 du 22/5/2010
Bulletin n°71 du 06/11/2010